Regis Fanchette, OBE (1924-1999)
 
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"Le destin des îles est de chanter.
L'île Maurice chantera donc toujours dans le coeur de ses habitants, par la grâce indolente de ses femmes, par le charme varié de ses paysages d'un autre monde, d'une autre planète.
Par son accueil souriant aussi.
Elle est voilure au vent, flore multicolore, faune sous-marine.
Telle l'huître perlière elle sait aussi à l'occasion transmuer en perle fine le grain de sable de nos souvenirs.
Soyez gentils, aimez la en douceur."
Témoignage
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M Regis Fanchette 1971 to 1976
The things I most associate with Regis Fanchette are smoke and speed. Smoke because in the 1970s he was a heavy cigarette smoker. Back then you could smoke in meetings and he did, a lot. I can remember him reading some report other, perhaps some rubbish from a French expert on tourism and the cigarette would be held down by his waist at a slight angle to the horizontal. It would stay there whist he read because he was too interested in the contents to smoke. We would all be reading. He would finish first and me a close second. Then he would look up and his judgement was instant. “My God, its crap” or “c’est mechant alors." Then he would take a long drag and look round the table inviting us to join in.


In those days the French Ambassador was a M Touze. He looked like he had been in the Legion (Etrange not d honneur). Duval was very close to France because Ramgoolam was close to the British. The plans for the coastline were founded on a very simple principle. That is a Mauritian wanted to walk around the beach right round the coastline they could. I was a believer and looking back I think I picked a lot of it from your dad. Behind the glamour of Hilton and Oberoi there was a picture of a family going from Quatre Borne to the beach at Flic en Flaq with a tante of daube and riz. Every single hotel developer was made tor respect this principle. Except one that is. Club Mediterranee cut off a bit of land near Grand Baie and made it part of France. Regis was furious. He probably shouted, actually shouted in a meeting of civil servants. The Tourism Office in those days was in the Rue de Chaussee in the same block as the British High Commission. I would walk across from the Ministre du Logement et la Terre in Rue Edith Cavell. We must have met every couple of months for a few years. I would like to say I knew your father really well but I didn’t. I knew him as an eccentric civil servant but not privately. Yet we were far from distant. I was only in my twenties then and he must have been late thirties or forties. He was older than me and I can feel his arm around my shoulder after a meeting and a few private words of wisdom. In the five years I was in Mauritius he was one of the two or three men from whom learned a great deal. One of the others was Philippe Blackburn who was Sec of the Town and Country Planning Board and then got head hunted by Bel Ombre sugar estate. Through Philippe I got to know the Racing Club, Friday nights of volley ball and curry among the sugar cane fields.


I arrived in Mauritius on 1971. People still talked about the communal riots of 1968. Communalism was directed into less harmful channels such as football. Nowhere could be more harmless than the Racing Club but I never saw your dad there. I think his community was too small for him. Looking back he resembled a third person who made a big impression on me Darandeth Burrenchobay, who was head of the civil service and later became Governor General. He also gave the impression that his moral centre of gravity was outside the civil service.


When I was at school I read the novels of CP Snow, all set in a Cambridge College and all about the intrigues and struggles for a form of political power. In that world who you were was simply an aspect of what you were. Your dad was not like that. I don’t think you could explain him simply in terms of the job he did for Government and more than you could Burrenchobay. I met lots of others including Pere Aleaum, more a violin maker than priest, Dr Jean de Speville of Eau Coullee, obsessed with Mozart, Phillipe Boullee, Mauritius Commercial Bank, expert in wine, Guy Danjoux it was squash, Gaetan Duval, Minister of Foreign Affairs and eccentric in real life, to say the least!


Remember I was only 27 when I began my contract. I worked for the Ministry of Overseas Development. I thought I was going to spread wisdom among the natives. What I actually encountered made an impression on me that has lasted all of my life.


In the 1970s The World Bank chose Mauritius as a place to pilot their new Rural Development Programme and they did so because of its size. Mauritius was small enough to allow the effects of the scheme to be readily observed, as if in a laboratory. I think in the same kind of way Mauritius allowed me to see how a civilised and cultivated society really works. The hallmarks are tolerance towards others and towards the variety of personalities we all carry within us. These days in the UK we call it valuing diversity, as if! At the same time everybody needs a home hearth, a spiritual heartland. For Burrenchobay it was the village of his childhood at a time when Muslims and Hindus went to each other’s weddings. With Philippe Boullee it seemed to be his parents’ campement at Roche Noire. I never knew what it was with your father. I think he was too private a man to let me know.

Ken Mafham Dec 2010
 
Biographie

Né le 1er février 1924 à Moka, de parents tous deux professeurs et l'aîné d'une fratrie de huit enfants.

Il démarre sa scolarité à l'ecole primaire de Vacoas et obtient une bourse pour poursuivre ses études au Collège Royal de Port-Louis, puis est transféré au Collège Royal de Curepipe pour son Certificat d'études secondaires (correspondant au baccalauréat).

Ses premières années

Il travailla pour une courte période à l'imprimerie nationale du gouvernement mauricien ainsi que dans les tribunaux tout en préparant un diplôme en anglais auprès de la London University. Cela lui permit de travailler comme professeur assistant en anglais et en français au Collège Royal de Curepipe.

En 1952, il bénéficie d'une bourse du Commonwealth pour aller étudier l'anglais au Trinity College à Cambridge. En 1956, Il décroche sa licence en anglais avec succès (B.A Honours) et est récompensé en obtenant le "Trinity French Vidil Prize". Avant de rentrer à l'Ile Maurice il décide de poursuivre ses études de professorat dans la même université et obtient sa maîtrise en 1961.

De retour à l'Ile Maurice, il est nommé Professeur d'anglais au Collège Royal de Curepipe. Il avait la réputation d'être un professeur dynamique et toujours à l'écoute de ses élèves.

Deux ans plus tard en 1959, il devient Directeur adjoint du Bureau de l'information. Il est responsable de la publication de communiqués sur la presse locale et internationale ainsi que l'édition des feuilles de presse quotidiennes de Reuters et de l'AFP.

Au cours de cette période, il fit un stage de 6 semaines au Bureau central de l'information a Londres, suivi par un cours de journalisme au Centre International de Journalisme à l'Université de Strasbourg et sort premier de sa promotion. Il obtient également une bourse pour suivre des cours sur la télévision française et la radio ainsi que des stages pratiques auprès de grands journaux comme Le Monde ou le Figaro.

De retour au Bureau central de l'information, il anime des conférences et des débats dans les villages pour expliquer le sens du passage à l'indépendance de l'île. Il est très impliqué dans l'analyse de la situation lors des émeutes des "Trois Boutiques" en 1965 en faisant de fréquentes visites avec le gouverneur de l'île. Il rédige des communiqués et des appels au calme envers la population, ce qui permit à l'armée britannique arrivée en renfort de constater que la situation était plutôt pacifique.

Son engagement dans le développement du Tourisme à l'Ile Maurice

Après sept ans au Bureau de l'information, il devient en 1966 le tout premier Directeur Général de l'Office du Tourisme Mauricien et occupera ce poste jusqu'à sa retraite en 1984.
Il ne fait aucun doute que sa forte contribution et la détermination dont il a fait preuve pour faire connaître son île à l'étranger ont jeté les bases de la faveur dont elle jouit aujourd'hui à travers l'Europe et le monde entier. Son implication et son sens du contact lui ont permis de nouer des relations avec des personnalités incontournables du circuit touristique européen, participant ainsi à la promotion de l'Ile Maurice.

Durant cette période il a occupé deux postes importants à l'étranger, d'abord en tant que Secrétaire Général de l'Alliance Touristique de l'Océan Indien (A.T.O.I) à Tananarive en 1968, puis en tant qu'Attaché de Presse auprès de l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT/WTO) à Madrid en 1976.
En 1974 il est nommé par Léopold Sedar Senghor Secrétaire Général de l'OCAM (Organisation Commune Africaine et Mauricienne) à Bangui en République Centrafricaine, poste qu'il refusera pour des raisons familiales.
A son retour de Madrid en 1980 il terminera sa riche carrière en tant que Conseiller auprès du Ministre des affaires étrangères et du Tourisme et prend une retraite bien méritée en 1984.

En reconnaissance de cette forte contribution au tourisme de son île, il recevra pour le 10ème anniversaire  de l'indépendance, une médaille d'honneur du Premier Ministre Seewassagur Ramgoolam et une distinction de l'Organisation Mondiale du Tourisme en 1984, remise par le Ministre des Affaires Etrangères de l'époque, Monsieur Anil Gayan. 

Sa contribution littéraire et journalistique

Outre ses acivités professionnelles très chargées, Régis Fanchette n'a jamais cessé d'écrire. Sa contribution à la littérature anglaise et française est considérable, regrettant toutefois de ne pas avoir pu aborder la langue Hindi, qu'il considérait indispensable à tout bon mauricien.

Editeur de la revue littéraire mauricienne "Sève", il a également écrit des histoires courtes pour la revue littéraire "Le Bayou" de l'université de Houston (Texas) ainsi que pour la revue bilingue parisienne "Two Cities". Il est à noter ses contributions pour la radio à la fin des années 50 et début 60, comprenant des histoires courtes et une chronique diffusée tous les dimanches pendant 2 ans, "Propos pour un dimanche".

1952 : il écrit un carnet de voyage en français : "Impressions de voyage" qu'il commença lorsque son navire resta bloqué au port de Beira durant 3 semaines.
1958 : "Charmes de la vie créole", une enquête poétique sur la vie mauricienne ainsi qu'une pièce de théâtre à un acte "Fragments pour un théâtre" produit pour la radio.
1964 : il produit un programme radiophonique pour Expo 67 à Montréal au cours de la journée consacrée à l'Ile Maurice : "Le destin des îles est de chanter", illustration maintenant souvent citée

Il continua à écrire en français et en anglais en publiant cinq recueils de poèmes, principalement en anglais :
1972 : "Shades of a Prison House"
1974 : "Burnt wood, Stardust and Shifitng Sands"
1977 : "The Divided Sensibility" - poésie et prose
1983 : "Beyond Boundary Close" - un regard sur la vie mauricienne et la cohabitation avec un cyclone
1989 : "Along the lay-bies of memory" - poèmes et réflexions sur sa vie

Pendant son séjour en Espagne, il a écrit plusieurs chroniques pour l'Express, quotidien mauricien. A sa retraite il pouvait enfin se consacrer pleinement à ses passions : le professorat et le journalisme.

Il travailla également à temps partiel en tant qu'intervenant auprès de l'Université de Maurice sur des poètes romantiques tels que Keats, son préféré. Il regretta de ne pouvoir enseigner Shakespeare dont il ne ratait jamais les pièces à Stratford on Avon lorsqu'il allait en voyage en Angleterre et sur lequel il écrivit de nombreux articles.
A la même période il produisit une double page de supplément an anglais pour "l'Express Dimanche".

Pour le magazine 5+, cette fois en français, des chroniques sur des sujets d'actualité ou littéraires. Sans compter les livres écrits pour les Editions de l'Océan Indien, tels que "Stepping into the future", un ouvrage sur le développement de l'Ile Maurice après l'indépendance en anglais et en français. Il coopéra avec la Commission de l'Océan Indien  sur un livre touristique consacré aux îles de l'Océan Indien. L'ouvrage "Mauritius Light and Space" illustré par le photographe Christian Bossu-Picat paraît en 1993 aux Editions de l'Océan Indien".

En 1968, la Revue Française produisit, sous la supervision de Régis Fanchette, un magazine sur les îles de l'A.T.O.I.
Peu avant sa mort, il écrivit une histoire courte en anglais pour "Collection Maurice" d'Imedia Publications de Rama Poonoosamy.

En 1995 il décida de se consacrer au rassemblement de ses écrits dans un recueil intitulé "A private Journey", une anthologie de ce qu'il considérait avoir écrit de mieux tant en anglais qu'en français, son testament littéraire en sorte.

Ses autres passions

Passionné de cuisine et fin gourmet, il a contribué à l'écriture et à la mise en page d'un livre de recettes, "Les meilleures recettes de la cuisine mauricienne" paru aux "Editions du Pacifique" en 1986.

La pêche au gros et la chasse faisaient également partie de ses passe-temps favoris.






 

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